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Le 505th dans la Bataille des Ardennes

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Le 16 décembre 1944, les Allemands lancèrent une offensive par les Ardennes Belge surprenants les Alliés. Le 17 décembre, l'annonce est faite à la BBC. Peu de paras y firent attention. Ce n'est que quand les lumières s'allumèrent et les coups de sifflets retentirent à 2h00 le lendemain que tous se rendirent compte qu'ils se passaient quelques choses. Pendant que tout ceci se préparait, dans la zone du régiment c'était le branle-bas bien organisé pour rassembler tous les vêtements d'hiver que chacun pouvait trouver et pour retirer des armes lourdes et des munitions, des dotations personnelles de combats et pour chacun, un jour de rations K et D. Grâce à la prévoyance et à l'insistance du Gen. Gavin, toutes ces choses se trouvaient déjà dans les dépôts d'approvisionnement des compagnies, de sorte que, bien avant 9h00, le régiment avait déjeuné, était équipé et prêt à partir. Le 18 décembre, à 10h00, tous grimpèrent dans de grandes remorques de camions qui avaient été amenées dans le Camp. La 82nd Airborne était envoyée à un village carrefour appelé Werbomont. Vers 00h00, le 505th parvint à destination et quitta les camions dans la petite localité de Habiémont, à 5km à l'est de Werbomont.
Le régiment reçut comme premier ordre de relever des unités du 119th Infantry Regiment (30th Division), d'occuper les positions défensives devant le ruisseau jusqu'à ce que la situation s'éclaircisse. Ensuite, il reçut l'ordre de se déplacer à la droite du 504th, occupé Basse-Bodeux. Il continua son mouvement cette nuit-là et le lendemain matin, le 20 décembre, il se trouvait sur la ligne défensive, presque exactement 48 heures après avoir quitté le Camp de Suippes. Le 2ème bataillon était à Trois-ponts, au sud le 3ème bataillon couvrait le secteur le plus vaste jusqu'à Grand-Halleux. Le 1er bataillon était à Rencheux. Le front défensif était d'environs 7.2 km.
A Trois-Ponts, le 2ème bataillon détruisit le pont sur l'Amblève, au nord de la localité empêchant le Kampfgruppe Peiper de franchir le fleuve. La route de Stavelot à Vielsam était donc fermée, excepté un étroit passage venant de l'est qui rendait Trois-Ponts vulnérable. Le Col. Vandervoort résolu le problème en envoyant la compagnie E commandé par le Lt. Meddaugh sur place. Vers 20h00, des véhicules blindés s'approchèrent du barrage. 2 half-tracks. Un sauta sur une mine, l'autre fut détruit par l'équipe de Bazooka. Ce fut le dernier combat pour la nuit. Le lendemain, les Allemands ré attaquèrent les positions de la compagnie E. A 15h50, au moment où la compagnie semblait être débordé, le Lt. Meddaugh reçut l'ordre de se replier. La compagnie F qui était en appui de cette compagnie se replia à 16h30. Les deux compagnies se retrouvèrent à Trois-Ponts. Sur ces talons, une compagnie ennemie traversa à gué la rivière. Ils furent tous abattus. A 18h20, le 307th Engineers démolit le seul pont restant.
Plus au sud sur la Salm, à Grand-Halleux situé à l'est de la rivière, les Allemands attaquèrent la tête de pont de la Compagnie G. L'avant poste fut submergé, tous les hommes furent tués. Comme le peloton se retirait, les Allemands tentèrent alors de passer la rivière à gué. La compagnie G les massacra. Pas un Allemand n'atteignit la rive ouest.

Il était impossible pour le régiment de garder un front de cette dimension. De grands intervalles persistaient entre les unités. Il fallu des patrouilles constantes pour couvrir tout le secteur. La compagnie B fut désignée comme réserve pour le régiment. Elle se positionna derrière le 3ème bataillon prête à intervenir partout où il le faut. D'autres unités de réserve furent constituées à partir des compagnies de service et d'état-major. Durant tout ce temps, le Col Ekman était constamment en mouvement sur toute la ligne de front pur vérifier les positions. Il faisait froid, mais le froid n'était rien à côté de celui qui arriva dans la nuit du 22 au 23 décembre. Il commença à neiger. Et ce n'était que le début.
Le 23 décembre fut une journée calme, aucun Allemand ne tenta de traverser les lignes du 505th. Par contre, il subit un intense tir d'artillerie. Le Gen. Gavin retira le 2ème bataillon pour le placer en réserve de la division au cas où l'ennemi briserait les lignes au sud.
Le 24 décembre, le régiment reçut l'ordre de se retirer. Sa dernière mission fut de couvrir le 307th Engineers tandis qu'il détruisait le dernier pont. Les 1er et 2ème bataillons exécutèrent le repli sans incident, mais le 3ème bataillon croisa le groupe de l'Obersturmbannführer Peiper qui repliait son propre Kampfgruppe. Il y eu plusieurs combats violents. Peu après le lever du jour, le régiment était en position avec les 2ème et 3ème bataillons en ligne entre Trois-Ponts et, suivant une ligne jusqu'au delà de Basse-Bodeux. Le 26 décembre, la situation s'améliora, malgré qu'il fasse très froid, le soleil apparut pour relever un peu la température. Le 27 décembre, les Allemands tentèrent une attaque mais furent aisément repoussé.
Durant la période du 25 décembre au 2 janvier, le Maj. Kaiser fut promu Lieutenant Colonel. Le Cpt. William R. Carpenter fut promus Major et nommé commandant en second du 2ème bataillon. Dans la nuit du 1er au 2 janvier 1945, le 517th PIR indépendant fut attaché à la 82nd Airborne. Il releva le 505th PIR. Le 505th PIR allait se préparer pour l'offensive prévue pour le 3 janvier. L'objectif final était la Salm d'où le 505th s'était retiré le 24 décembre.
Les premiers objectifs pour le 505th étaient les petites localités de Fosse, Reharmont et Noire-Fontaine. Ces objectifs furent confiés respectivement aux 3ème, 1er et 2ème bataillons. Une fois cette phase atteinte (PHASE A), les deux premiers bataillons continueraient à travers le bois de Hodinfosse, tandis que le 2ème progresserait sur des petites routes, de Noire-Fontaine à Abrefontaine, Goronne et Rencheux, (PHASE B) cette dernière localité se trouvant juste avant Vielsam sur la Salm (PHASE C).
A l'aube du 3 janvier, froid et brumeux, les hommes abandonnèrent musettes, sac de couchage et capote pour faciliter le mouvement. Espérant que les services pourraient les amener dans les premières lignes avant la nuit.
A 8h30, les 1er et 2ème bataillons arrivèrent dans leur première ligne sans difficulté. Le 3ème bataillon arriva en retard, victime de tir "ami" de la part de l'artillerie. Il passa immédiatement à l'attaque. Le Lt. Col. Kaiser donna l'ordre à la compagnie I de prendre Fosse avec la compagnie H en appui. La situation fut grave quand la Compagnie H traversa un champ à découvert. Elle y subit un intense tir qui la cloua au sol. La compagnie H tenta de neutraliser les tirs mais fut placé sous le feu de l'artillerie ennemie. Vu que les deux compagnies étaient bloquées, le Lt. Col. Kaiser leurs donna l'ordre de se replier. Ils durent attendre les tanks qui accompagnaient le 1er bataillon. A 11h00, deux chars arrivent et avec l'aide de l'artillerie les paras encerclent le village à 14h00. A 17h35, le village fut officiellement prit. Le 3ème bataillon après avoir prit son premier objectif dut attendre l’arrivé du 551st PIB sur sa gauche. Mais l’unité rencontrait des difficultés pour y parvenir. Une compagnie du 508th PIR prit sa place. Cette compagnie accompagna les compagnies G et H jusqu’à la ligne de la PHASE A où ils s’enterrèrent. La compagnie I resta à Fosse en réserve et attendit l’arrivé du Lt. Joseph W Vendevegt de l’état-major régimentaire qui devait en prendre le commandement. Tous les officiers étaient ou morts ou blessés ainsi que 2/3 des pertes. Dans le secteur du 1er bataillon, la compagnie C était au même point que la compagnie I. La compagnie C avait pour mission de prendre Reharmont, avec les compagnies A à droite et B derrière. Les cents derniers mètres pour atteindre la localité furent un champ de massacre. Du fait que les deux compagnies C et A étaient fort proche du village, aucun appui d’artillerie ne put être demandé. Le Maj. Long fit appel aux tanks. Entre temps, la compagnie B qui était resté derrière se fit prendre de flanc par l’ennemi. La compagnie dut s’arrêter et nettoyer son flanc droit. Avec l’arrivé des chars, les restes des 3 compagnies prit le village. A 11h00, le 1er bataillon avait atteint son premier objectif et continua d’avancer jusqu’à la ligne de la PHASE A en début d’après-midi. La compagnie C ne comptait plus que la moitié de ces effectifs. Les deux autres ne valaient guère mieux. Le lendemain, le 2ème bataillon reprit son avance à 8h30. Après avoir brisé la ligne de défense Allemande, il prit Noire-Fontaine. A ce moment, il fut prit sous le feu de l’artillerie ennemie. Deux chars et deux chasseurs de chars qui l’accompagnaient fut détruits. Malgré tout, le bataillon persista et atteignit la ligne de la PHASE A à 14h55.
Cette nuit là, l’ensemble des paras sur le front s’en souviennent encore. S’étend débarrasser de leurs affaires, ils n’avaient rien pour affronter le froid. Ni capote, ni sac de couchage. Les moyens de transport servirent pour l’évacuation des blessés, l’apport des munitions et de l’eau. Le 4 janvier, malgré les difficultés, les 3 bataillons repartirent à l'assaut. Le 1er bataillon atteignit la ligne de la PHASE B à 10h00. Les compagnies A et C continuèrent jusqu'à l'orée du bois d'Abrefontaine. Quand le deuxième bataillon atteignit cette position, les deux compagnies se replièrent.
Le 2ème bataillon eu les combats les plus durs, mais à 12h30, il avait atteint un point où il contrôlait le terrain dominant entourant Abrefontaine. Il y resta jusqu'à ce que le 325th GIR arrive pour le relever.
Le 5 janvier fut encore une journée très froide. Il avait neigé pendant la nuit. Malgré cela, la 82nd Airborne fut une des rares divisions à avoir atteint les objectifs de tous le VII Corps. Elle reçut l'ordre d'attendre que les autres unités la rattrapent.
Le 505th PIR reçut l'ordre de maintenir la pression sur les Allemands pour les empêcher de se retrancher. Le 2ème bataillon prit Abrefontaine sans grande difficulté, les Allemands ayant évacués la localité. La bonne nouvelle du jour pour les hommes fut l'arrivé de leurs équipements pour lutter contre le froid.
Le 7 janvier à 6h30, le 505th s'élança vers sa dernière PHASE sur la Salm. Les 1er et 3ème bataillons ne rencontrèrent que peu de résistance hormis les tirs de mortiers. Par contre, le 2ème bataillon mena le plus durs des combats. Son objectif, la localité de Goronne. Le village était occupé par l'infanterie supportée par 4 chars Tigre. Le bataillon subit beaucoup de perte. Heureusement des chasseurs de chars prirent positions et détruisirent 2 des Tigre. Les autres ce replièrent laissant seul les hommes. Le bataillon occupa à ce moment là le village plus facilement.
Le bataillon allait quand même subir une grave perte. Son commandant, le Col. Vandervoort fut atteint par un éclat de mortier. Cette blessure mis fin à sa carrière militaire. Le Maj. Carpenter repris le commandement. Le 8 janvier, le 3ème bataillon améliora ses positions dominant la Salm. Le 2ème se réorganisait à Goronne. Le 1er établit des barrages sur la route Goronne - Rencheux. Le 9, le 2ème bataillon traversa les lignes du 1er pour occuper Rencheux. Le 1er bataillon arriva dans la même localité suivi du 3ème. La nuit du 10 au 11 janvier, le 505th fut relevé par des unités de la 75th Infantry Division. Le régiment fut mené à Theux, en Belgique près de Spa. Il fut placé en réserve du XVIII Airborne Corps. Le régiment qui quitta Rencheux n'était plus que l'ombre de lui même. Près de a moitié des effectifs manquait. Mais ce séjour, agréable à Theux prit fin le 26 janvier. Le régiment gagna Born en Belgique par camion puis à pied jusque Montenau.

La mission de la division consistait à avancer au nord-est, à partir de la ligne St-Vith - Meyerode avec la 1st Infantry Division sur son flanc gauche et de détruire l'ennemi de cette zone jusqu'au delà du village frontière allemand de Losheimergraben à 12km de Meyerode. A 6h00, le 28 janvier l'attaque démarra. A 22h00, le 505th PIR fit mouvement derrière le 325th GIR à Meyrode. Tous le régiment dut avancer par des chemins créés avec des bulldozers à travers les bois. Il n'y avait pas de route! Le déplacement fut par conséquent très lent. Il fallut 4 jours pour atteindre la route traversant Losheimergraben, ce qui normalement n'aurait pas prit un jour à la division contre une résistance aussi faible!
Le 30 janvier, le 505th PIR démarra réellement sont attaques, il progressa de 3 km jusqu'au voisinage de la route Bullange - Manderfeld. Le 31, le 1er bataillon du 505th PIR reçut pour mission de prendre Losheimergraben et la route principale passant par le village et allant du nord vers le sud. Depuis le chemin de fer, endroit de départ de l'attaque, il y avait 2000 mètres à découvert. La compagnie A partit en tête et les deux autres derrières. Un peloton de char était supposé de soutenir l'attaque. Mais seul 3 arrivèrent à passer la voie de chemin de fer. L'attaque débuta à 4h30. A l'aube elle était en vue du village. Les deux autres compagnies sur ces flancs, le village fut prit à 11h30. Le 2ème bataillon de son côté attaquait sur le flanc gauche du 2ème bataillon. Il attaquait vers le carrefour au nord-ouest de Losheimergraben. L'attaque démarra à 5h30, et jusqu'à 7h00, il ne rencontra pas d'opposition. A ce moment il était proche du carrefour. Mais une importante force ennemie y résista et un des chars qui était en appui fut détruit. Malgré tout, le bataillon avança et le carrefour fut prit.
Ses objectifs atteints, les paras pensèrent qu'ils allaient être relevé et placé en repos. Mais le régiment reçut l'ordre d'attaquer au nord-est et de prendre position pour attaquer la ligne Siegfried. Le 2ème bataillon avança au nord près de Neuhof où elle fit jonction avec des éléments de la 1st ID. Le 1er bataillon avança vers le sud pour faire sa jonction avec le 508th PIR à Losheimergraben. Le 3ème fut placé derrière le 2ème et se prépara à attaquer. Le lendemain, 2 février, dans un mouvement tournant, les 1er et 2ème bataillons attaquèrent au sud-ouest avec des chars en appui. Dans l'après-midi, la plupart des unités furent sur un terrain proche de la ligne Siegfried. La Compagnie G fut celle qui pénétra le plus loin dans la ligne.
En fin d'après-midi, cette compagnie arriva près d'un cours d'eau face à une zone boisé d'où partait des tirs d'armes légère. Elle franchit la zone sans trop de difficulté et trouva de l'autre côté des fortins géants, bien dissimulés.
Toute la région était truffée de mine et de piège en tout genre. Le gel avait rendus la plupart inefficaces, mais malgré tout, il en restait assez pour provoquer des dégâts parmi le régiment. Le 3 février, l'avance continua à travers la ligne. Mais en fin d'après-midi, les hommes apprirent la bonne nouvelle qu'ils allaient être enfin relevés.
Durant la nuit, le 505th fut remplacé par le 508th. Elle quitta la zone pour Salmchâteau sur la Salm.
A ce moment, le régiment était réduit à peu plus du tiers de ses effectifs de départ. Pour les paras, ils étaient certains qu'ils allaient être renvoyé au Camp Suippes pour y être rééquipé et réorganisé. Mais non, dès le lendemain, ils furent lancés dans une autre mission de combat. Le 505th PIR quitta la forêt des Ardennes pour la forêt de Huertgen à 50 km plus au nord.

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